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Au colloque de Namur, lors de mon intervention en novembre 2015, j'avais clamé combien le monde, notre monde, me paraissait laid, violent, cruel, brutal. "Je vomis le monde" avais-je dit alors, reprenant des propos que j'avais tenus au repas ufologique de Bordeaux, un mois plus tôt. Ce monde, décrit comme une histoire de fous, était l’équivalent pour moi de cette "histoire racontée par un idiot" dont parle Shakespeare dans Macbeth.

 

Je n'avais pas encore compris, à ce moment là, l’identité entre le Bien et le Beau qu'établissait Platon dans ses Dialogues. Quel rapport peut-il exister entre la morale et la beauté ? Entre le domaine du devoir et celui de l'esthétique ? Aucun, apparemment.

 

Cette identité, je crois pouvoir dire que je fais plus que la ressentir désormais, je la vis de l’intérieur, intensément, et c’est peut-être là ce qui constitue le changement le plus important qui s'est opéré en mois depuis à peu près deux ans.

 

Le monde spirituel dont nous sommes une émanation est d’une indicible beauté parce que le Bien et le Beau ne font qu’un. Tous les mystiques en état d’extase, comme tous les témoins d’apparitions mariales parlent de visions d’une incroyable beauté. Bernadette Soubirous à Lourdes parle de l'incroyable beauté de la “Dame” qui se manifeste à elle. Cette beauté-là n’est pas une beauté-séduction, une beauté-appât, une beauté qui attrape ou qui écrase. Ce n'est pas une beauté qui rend jaloux, qui invite à la surenchère, à la concurrence, à la comparaison, à la compétition.

 

La beauté dont je parle ici est complétude, plénitude, grandeur, celle qui caractérise le monde des âmes. Elle a la saveur de la Parole du Christ rapportée dans les Évangiles ou, dans un autre contexte, celle de l’Ange du Dialogue, où la scansion et le rythme des phrases (la forme) épouse parfaitement la force du contenu (le fond).

 

L’éveil à la beauté du monde spirituel nous ouvre à la beauté du monde sensible, ce monde qui se manifeste à travers nos sens, car ce dernier en est l'émanation. Ainsi, même au fond de la caverne de Platon, les ombres sont belles car elles tirent leur source de l'union du Beau et du Bien qui est Amour. C'est en ce sens que l'éveil nous ouvre, dans le présent, à l'indicible beauté du monde.

Photo de Virginie Roques.
 
 
Tag(s) : #spiritualité

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