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ÉDITIONS DE L'ARDENT PAYS / CATALOGUE
 LIVRES PRESENTÉS A COMMANDER : JEAN LAVOUÉ ET ANDRÉ CAMPOS RODRIGUEZ
 
***
 
 
 
André Campos Rodriguez
 
Pour que s'élève
CE QUI N'A PAS DE NOM
 
L'Ardent Pays, 214 pages, 15 Euros.
 
+ 5 euros de frais de port
 
 
***
 
Jean Lavoué
 
Que serions-nous
sans nos silences
 
L'Ardent Pays, 232 pages, 15 Euros.
 
+ 5 euros de frais de port
 
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(+ 6,50 Euros de frais de port pour deux livres
 
 
Envoyer vos chèques bancaires à l'ordre de
 
André Campos.
7 RUE DU REPLAIN
25250 APPENANS
 
 
 
***
Une lecture de Marie-Claude San Juan
 
« Pour que s’élève ce qui n’a pas de nom », d’André Campos Rodriguez. Poésie.
 
C’est un choix de poèmes 1985-2015, une anthologie de 212 pages (éd. L’Ardent pays, 2016).
 
Le titre du livre est tiré d’un poème de l’auteur paru dans le recueil « Légendes, Éclats, Approches » (Editinter, Robert Dadillon, 1999) : « A l’aplomb du jour (…) / s’élève lentement / ce qui n’a pas de nom. ».
Ce fut une très bonne idée que réunir des textes de plusieurs recueils épuisés, parus chez des éditeurs divers (comme Aube, Rétro-Viseur, Editinter, etc.). Pour moi c'est une découverte et j'apprécie beaucoup. C'est une méditation continue, avec des fils qui se tissent d'un recueil à l'autre, la recherche du centre, du noyau spirituel sans trahir le lien avec la matérialité du réel concret. Ou la recherche des mots qui pourraient dire ce centre. On a l'impression que c'est écrit sur la frontière, traversée ou pas, qui sépare le méditant du sage passé du côté d'un éveil. Un peu comme si c'était une enquête sur ce qui est derrière ce miroir, ou sur comment le dire. (C'est clair page 171, par exemple : "Il suffirait de... "). Deux vers peuvent traduire la démarche créative. Je les cite : "L'eau, la pierre, le feu : chaque mot / détient une gradation de secrets." (p. 55). Oui. Et le regard les capte. J’ai remarqué aussi une citation de René Char (en exergue p. 69, l’impossible), et une de Pierre Dhainaut sur l'ombre, page 109. Ombre métaphorique (et aussi, pour moi, ombre captée photographiquement, thématique qui m'est chère). J'ai apprécié de trouver Ramana Maharshi (cité p. 181). Cela rejoint le processus de création de soi, qui est aussi dépouillement de soi (je reprends les termes en résumant). Ce qui définirait l'art poétique tel qu'il apparaît au fil des pages ce serait la synthèse entre les pages 86 et 160. Être "l'explorateur des failles" (du monde, du réel), et habiter "un songe si vaste qu'il possède le pouvoir de délier le temps" et d'inscrire la "simple épiphanie proche de l'inconnu.".
200 pages qui se lisent d’un trait, et s’ouvrent ensuite, pour relire.
 
CITATIONS…
Pour se libérer des pierres / inutiles, faut-il donc creuser / l’ombre de soi-même ?
.
Seul
peut nous aider
l’appui incessant
du silence

.
En te traversant / tu accèdes au centre
.
accepter l’obscur / révèle l’étincelle
.
le monde est en toi / mais tu es aussi le monde
.
Tout but porte l’abîme / qui nous sépare de nous-mêmes.
.
Mais le labyrinthe est un lieu / noyé de signes obscurs
.
Tout désert porte un marcheur exalté / par la fécondité de la distance / voyant et météore
.
Comment peux-tu être, / si tu ne cherches plus.
.
L’ombre garde sa cadence et grave, dans la mémoire des pierres, l’obstination de la nuit.
.
De ce dilemme / tu ne pourras sortir / avant d’avoir posé ta lampe / entre l’ombre et la clarté
.
Qui peut oser cet Ouvert qui n’est qu’une dissolution, l’immolation consentie de soi-même, une première fois irréversible comme la mort ?
.
se quitter soi-même / s’alléger / / se dépouiller / s’élargir
.
Oiseau de l’âme / / déplie tes ailes / évade-toi dans l’azur / / sois le témoin silencieux
 
Marie-Claude San Juan
ÉDITIONS DE L'ARDENT PAYS / CATALOGUE

Avant-propos

  

   Que serions-nous sans nos silences : ces courts poèmes - toujours percutants comme peuvent l’être des haikus, se révèlent, sans détermination à la lecture, tantôt comme une interrogation et tantôt comme une exclamation… Est-on dans le tourment d’une question ou dans la grâce d’une révélation ?
 
   Pour exprimer ma dévotion pour ces textes, je pourrais reprendre à mon compte cette phrase de Christian Bobin, ami toujours présent de Jean Lavoué : « Je sais qu’une parole est juste quand elle me tape sur le cœur, qu’elle bourdonne à mes tempes.» *
 
 À mon sens, aucune poésie ne peut se révéler authentique si elle n’émane du silence et retourne à Lui, pour nous faire  grimper une indicible échelle tout au fond de nous-mêmes…
 
* Préface de Comme la lune au milieu de l’eau de Yoko Orimo, Le Prunier / SULLY, 2018.
 
   Car tout silence – qu’il soit évoqué explicitement ou non par le poète, est comme l’irradiante émanation d’un royaume céleste à atteindre afin de renaître sans cesse. C’est l’indicible lieu en l’homme où, en dehors de toute pensée, la présence à soi se déploie…
  
   C’est en cela que la poésie retrouve sa source, ses ressources spirituelles qui portent le germe et l’espérance d’une libération : l’accès à la joie et à l’amour d’une conscience impersonnelle… Les précieux poèmes alors en sont l’expression. Mais, au préalable, il est demandé au poète un très exigeant travail de simplicité, d’humilité et même d’ascèse  : « Pourvu que tu te tiennes / Chaque jour / A l’humble exercice d’écrire » (p. 18). « Il faut vouloir longtemps l’inutile / Avant de peindre avec des mots / Les couleurs de l’âme » (p. 19). Mais Il est aussi nécessaire d’avoir foi en l’écriture qui a  « ce pouvoir d’accepter d’avancer, même sans rien savoir », comme l’a si bien formulé   Jean  dans  un   de  ses   essais
majeurs « La voie libre de l’intériorité » (édit. Salvator, 2012). C’est l’être-là du corps et du souffle, lors d’une attention,  d’une   
vigilance, qui permet l’affranchissement du mental  et  la révélation d’une parole insoupçonnée qui habite les entrailles de l’homme…
 
 « Ce que cherche le chant /C’est tout ce vide / Cet espace blanc /De la page / Qui l’entoure / Sa part vive /Sa lumière », (p. 25).
   Ces derniers temps, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs-amis, Jean Lavoué a multiplié la publication de ses poèmes dans cinq livres qui - j’en suis persuadé - feront date : « Ce rien qui nous éclaire », « Chant ensemencé », « Nous sommes d’une source », « Fraternité des lisières » et « Levain de ma joie ». Tous disponibles aux éditions « L’enfance des arbres ». Ce sixième livre, plus ancien, le poète a bien voulu, dans un geste de complicité et d’amitié, m’en confier l’édition - lui   qui sait si bien que le vrai silence est un baptême, "un père pour qui se laisse engendrer par lui". *
                
 
                                                                André Campos Rodriguez   
 
*  «La voie libre de l’intériorité » (édit. Salvator, 2012).
André Campos Rodriguez
 
Pour que s'élève
CE QUI N'A PAS DE NOM
 
L'Ardent Pays, 214 pages, 15 Euros.
 
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Jean Lavoué
 
Que serions-nous
sans nos silences
 
L'Ardent Pays, 232 pages, 15 Euros.
 
***
+ 3,50 Euros de frais de port par livres....
 
 
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André Campos.
7 RUE DU REPLAIN
25250 APPENANS
 
 
 
Tag(s) : #Brèves
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