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Claude Miseur : Au commencement...

 

 

 

Au commencement

par les jardins

sous la neige apaisés

entre la nuit et la fenêtre

parler d’absence

ne pas entrer

nouer sur soi

la phrase dévêtue

des mots imprononcés

 

Se tiennent ici

notre effacement

et ses détours

 

 

 

* * *

 

Dans cette chambre

au bord des pluies

j’ai peur du noir

le long de l’heure

indifférente

 

 

 

* * *

 

 

Relever les appâts

sur le banc de mouettes

que le couchant submerge

pour qu’au matin ne subsiste

blême qu’un miroir de sel 

au large aboli

 

Parfois

dans un repli

de l’amour

le désir s’ensable

juste avant

la mer

 

 

 

 

* * *

 

 

 

Toujours ce rivage

me hante d’une île

et qui semble se rompre

aux lèvres de la mer

 

Exil où le cœur

s’accroît des mots murmurés

dans le lit de la page

 

 

 

 

* * *

 

 

 

 

Dans l’encre de l’estampe

s’effondre l’illisible

d’un battement d’ailes

 

Lucioles aveugles

gréements infimes

dans la lumière

vive cédant désir

à l’appel diffracté

du vide

 

 

 

* * *

 

 

 

 

 

Je ne sais qui s’approche

et me toise

appelle de la rive

où l’arbre fait silence

où rien n’est dévoilé

 

J’aborde le territoire

d’une peur

qui défait l’étendue

 

 

 

* * *

 

 

 

 

Passeur d’âmes

gardien des limons

où les courants s’annulent

 

Sois le brisant des mots

sur ce rivage vain

où les leurres patientent

comme autant d’appâts

de sable

 

 

 

 

* * *

 

 

 

Des humeurs de la terre

monte un chapelet

de limaces rousses

 

Loin de la chair des fleurs

mortes tombent les mouches

 

Tumulte d’hirondelles

un chœur d’enfants buissonne

dans les tanins de la pluie

 

 

 

 

* * *

 

 

 

 

 

 

Mais quelle est donc

cette clarté qui se dérobe

à la lumière

pour se jeter

de toutes ses couleurs

sous l’étrave

d’un nuage bleu ?

 

 

 

 

 

 

* * *

 

 

 

 

 

Mon ciel est soudain
si proche
qu'il en devient d'encre
et caille comme le lait
renversé 
à ta rencontre

 

 

 

* * *

 

 

 

 

 

Mon feu n’est cri
que de silence
une étincelle
éprise
de froid

 

 

 

* * *

 

 

 

Comme une plume

de roseau pour un mot qui toujours
se dédouble et fuit
vers la lumière de ses berges
pour son timbre qui s’évase

nu dans la rosée


Comme une plume pour soulever la poussière du monde
et qui voudrait danser avec l’oiseau plus léger qu’elle


Leurs voix s’aiguisent dans les reflets 
d’une plainte dérisoire

le temps d’oser mettre le feu

à ce qui jamais ne sera

leur langue

 

 

 

* * *

 

Vous pouvez régulièrement continuez à lire et à suivre Claude Miseur sur sa page F.B.

 

 

Tag(s) : #Poésie

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