Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ombre sur la mer

 

 

J’entaillerai ma propre chair

Je la pendrai au crochet des étoiles

J’applaudirai les clowns salés

Ceux qui chevauchent le haut des vagues

Leur ricanement d’écume

Faisant sous le vent

Jouer la pelote d’aiguilles

Du froid.

Tout doucement

Alors

Je jouerai la vivante

 

Pour ne pas redevenir.

 

 

 

                                             

                                                            ***

                                 

 

 

DÉVERSE, TRAVERSE

 

J’ai tissé tous les silences des déserts

Porté le sable des dunes

Enfoui les rêves

Sous la décharge

La benne a ouvert grand la bouche

Elle s’est fait conteuse

Déverse

Traverse

L’aile des oiseaux crie quelque chose

Gifle le temps qu’il fait

Pleine face

Ça grouille, là, au-dessus

Tandis que sur ma joue

Loin des enfances perdues

Celles qui laissent une trace comme un cheveu

En roulant sur toutes les grèves du monde

Il y a

Dans l’ombre qui joue

Quelque chose à recoudre.

 

                                                         ***

 

 

                              J'ATTENDS

               

Petite, minuscule, j'attendais dans la nuit

Le baiser de mon père avant de m'endormir

Les mots de brume et d'ombre

Les mots des tout petits

Ceux qui n'ont pas de mot à part ceux de leur corps

S'écrivaient sur mes draps

Et dessinaient :

 

 

                                                J'attends

 

Petite, mais un peu moins

Sachant parler assez pour accepter ou pas

Je sentais que la terre allait loin sous mes pas

Dans mes tripes

Et mes pieds un peu grands pour ma taille

Une brisure, une faille

Ça s'appelait : grandir

Je me disais :

 

 

                                                          J'attends

 

 

Un peu plus grande encore, je voyais son regard

Ses manières étrangères

Un "il" à résonnance

Qui crevait doucement la bulle de l'enfance

Ma plaie et son entaille

Mon bourreau souriant

Je me disais:

 

 

                                   J'attends

 

 

Bien plus tard, un autre "il"

Une virgule en moi

Grandit sous mon nombril

Neuf mois pour devenir

Point d'interrogation

Neuf moi, qui imagine

Et qui se dit :

 

 

                              J'attends

 

 

Et puis maintenant ...Quoi ?

Ont poussé trois virgules

Et la vie qui bahute, et donne et nous reprend

Les portes qu'on entrouvre, le cadeau juste là

Un sourire de mots cueillis comme des fruits

Les mots d'un inconnu qui pourtant se ressemble

Je tresse et je dénoue

Et renoue tout ensemble

 

 

                                            J'attends

 

 

 - Et moi, petite humaine

J'écoute et je souris

Je regarde ta vie aller son train d'enfer

Avec du paradis juste sous la coupure

Vous vous ressemblez tant ma douce multitude

Vous mes tendres épis aux têtes un peu courbes

Qui ployez sous le poids léger de ma vraie faux

Moi aussi, tutélaire

Et patiente

 

J'attends.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Poésie

Partager cet article

Repost 0