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Je ne t'ai pas dit la pluie
le goût amer du café

les bateaux qui quittent les ports
dans la nuit

Tout parle de l'oubli le baiser
animal de l'absence

 

 

                         *

 

 

Enfermé dans des impossibles
sans suite

au milieu de nulle part

face à l'étoile inaccessible
morcelé d'envies

dans la coquille de l'immobile

 

 

 

                            *

 

 

Je t'aime quand le soir ne veut
rien dire

dans l'enfance impuissante à lutter

 

 

                             *

 

 

insomniaque de paysages qui ont fuis

regarder derrière la fenêtre
en rupture

dans le courant d'eau bue par le soleil
restant

attendu par les gardiens de la nuit
sous les préaux de brume

 

 

                              *

 

 

On a cru qu'il faudrait du temps

pour revenir

être à nouveau dans l'ombre
des tables dressées

aux rires qui défiaient l'ordre
des choses

forçant les serrures les pas

alors que tout mourait sur le terrain
désinfecté de la ville

jusque vivre le mystère

la lumière d' août appuyée aux murs

la langueur aphrodisiaque de l'identité

 

 

                                 *

 

 

Soir noir comme l'encre vent doux
comme du vin

tu ne peux plus te redresser donner
le change

mais tu garderas le souvenir des retours
d'été

le long des corridors des rues

où tu marches pieds nus entre deux désirs

 

 

                                  *

 

 

Le quartier est statique ses rues ne
touchent aucune autre rue

déviées de la ville après le pont
la place

les voix sont énervées celles des enfants
se répercutent contre les façades

Il est dix neuf heure les rêves se répondent
entre eux

c'est eux qui nous choisissent et entaillent
les murs

 

 

                                         *

 

                                     

 

Parle moi d'un endroit où l'on
n'entend pas

nos voix se donner au monde

où l'on ne baisse pas la tête

cette nuit avec une cigarette le bruit
de vagues

des feuillages

avant d'être obligé de dormir

quand le jour est aussi loin qu'un
autre pays

 

 

                                   *

 

 

Il y aura la mer derrière les rideaux
les murs

les messages de l'eau du vent dans
le bec des oiseaux

La nuit se perdra dans le silence maternel
de l'aube

On se racontera l'ordinaire et le champ
de bataille à l'intérieur

tout ce qu'il a fallut détruire pour s'en sortir

 

 

                                     *

 

 

Minuit

musique de l'autre coté de la rue

la table est desservie depuis des
heures

Il faudrait que je dorme sans rajouter
un mot

entre le croissant de lune la terre
mouillée

Il faudrait s'asseoir souffler sur les
bougies du monde

croire encore une fois aux gestes
aveugles

au triomphe de quelque chose

 

 

                                   *

 

 

Les feuilles vont tomber

le soleil n' effleurera plus les veines
de l'arbre devant la fenêtre

les oiseaux se tairont chassés
par l'ombre du froid

les enfants seront à l'école pieds liés
à leur chaise

Il y a dans le défilé des jours d'août
tous les départs

le procès du silence

 

 

                                    *

 

 

Seule la blessure te rappelle
que tu n'as pas rêvé

les allées et venues sur l'asphalte
pigmenté de la nuit

devant l'encre brûlé de l'abîme

Entre les strates de l' aube

derrière la fenêtre

les avions de papier volent toujours
trop près du soleil

 

 

                                      *

 

 

Retrouvez Sandra Lillo sur sa page F.B.

Tag(s) : #Poésie

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