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Je ne veux plus écrire
Dit le sage
Place ton mot plus haut
Lui dit le vent
Dans le silence ?
Lui répond le sage
Non…
Dans ton âme en paix
Et dans le cœur
De ceux qui t’aiment
Même silencieux

 

 

                *

 

 

 

Les étoiles
Sont brèves

 

Tu n’as pas
Le temps
De nommer

 

Celle qui vient
De tomber

 

Cette chute
Est semblable
A nos vies

 

Lumineuse
Furtive
Dans l’immensité
De l’obscurité

 

 

 

                  *

 

 

Là où il y avait
De la lumière
Sur le chemin
La nuit impose
Son rythme
La cécité éprise
Ton corps
Est un lys martagon
Près duquel
Nous dormons
La nuit nous réunit
Nous sépare
Tout à la fois
Ton sommeil
Est le secret
Des pierres
Des genêts
Là où il y avait
De la lumière
Je demeure
Ton amour
Est la mémoire
D’un lieu
Bienheureux

 

 

 

                       *      

 

 

 

Peux-tu me dire
D’où vient cette
Caresse ?

 

Le peuple
De mon enfance
Connaissait les cris
La distance
Je n’ai pas trouvé
Trace
D’un effleurement

 

J’ai conquis des palais
Dormi auprès de princesses
J’ai veillé sur la tour de garde
Jour et nuit
Sans frôlement
Deux cavaliers s’en allaient
Au pays de jamais

 

Peux-tu me dire
D’où vient
Cette caresse ?
Est-ce la sœur imaginée
Est-ce la pointe
Des solitudes
Est-ce une barque
Est-ce une berge ?

 

Tout ce que je sais
C’est qu’il me faut
Traverser
En gardant
La caresse imaginée
Contre ma poitrine
En lieu sûr

 

 

 

 

                     *

 

 

 

Je sais
Où sont
Les jours
De joie

Il suffit
D’un rendez-vous
Que tu sois là
Exacte
Sous les étoiles

 

La naissance
D’une source
La faconde
D’un torrent
Le lit apaisé
D’un fleuve
Me conduisent
A l’évidence
De ton delta

 

La nuit et ses
Aveuglements
Nos mains étroites
Posées sur la genèse
D’un corps
Premier

 

Je sais
Où sont
Les jours
De joie

 

 

 

                         *

 

 

 

Quel est le sens
Des jours ?
Nos vies s’en vont
Libellules ardentes
Du bleu sur l’étang
Je suis passé
Je passerai
Ouvre la lettre
Dis-moi le secret
Je sais que tu gardes
De l’amour
Pour les pèlerins
Qui aiment
Les mots rares
Et les dieux enfuis

 

 

 

                         *

 

 

 

Ne parlons pas d’amour
Sous le cèdre
Laissons l’arbre
Nous pénétrer
Ton visage
De vingt ans
Passe en filigrane
Ne parlons pas d’amour
Laissons les mots
S’évanouir
Contre la réalité
Laissons la densité
Végétale
Transparaître
Sur nos lèvres
Trop blanches
Ne parlons pas d’amour
Car il habite
Dans ces maisons
Que nous partageons
Avec la nuit
Avec la peau
Avec la pluie
Ne parlons pas d’amour
Tu seras ravissante
Dans ta robe en mousseline
Je serai froissé
Comme la chemise
D’un vieux poète
Nous prendrons le thé
Nous parlerons peu
Comme deux grands amis
Qui n’ont plus besoin
De se convaincre

 

 

 

                          *

 

 

 

Garde-moi un temps
D’avant le jour
Quand la nuit
Est peuplée
Mystérieuse
Secrète
Promis
Je ne ferai
Plus de bruit
Quand tu passes
Dans un rêve
Et me souris
Garde-moi un temps
D’avant la vie

 

 

 

                           *

 

 

 

Tu plonges
Nu dans l’étang
L’eau est troublée
La raison sur la berge
Te dérobe tes vêtements
Il y a un oiseau qui rit
Un autre est secourable
Mais ne peut rien
Pour ton habit
Tu oses marcher ainsi
Dans la forêt
Il te faut rejoindre
Le village du verbe
Une jeune femme
Te sourit

 

Ecrire de la poésie
Est un peu semblable
Il faut se jeter
Dans l’eau glacée
Se retrouver nu
Sans la raison
Etre à la merci
Du jugement des oiseaux
Puis près du village
Rencontrer une fée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Poésie

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