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peinture de Monique Marta

 

 

 

 

Frères humains* et bêtes nos sœurs

Ne pleurons plus sur notre finitude

Charogne ultime et partagée

 

Contemplez au jardin

La beauté du lys au liseré carmin

Préciosité mortelle

 

De quoi ricaner ? Ricanons

Frères et sœurs qui demeurez

Assumez notre seule grâce

Celle de vivre et de consentir

 

Témoignons parole des morts

Plus nombreux que les vivants

A la bouche pleine de terre

Depuis la nuit des temps

 

Mordez vivants corps avec

Vos dents dehors dedans

Avant que grouillant sous la terre

Les vers fissurent pâles votre chair

 

__________________________

*Frères et sœurs humains

 

 

 

Tant que durera la planète

Nous peuplerons la terre

Virgules ignorant la finalité du point

 

Cheminant entre foi et raison

Génération après génération

Il faut boire l'amère potion

 

Que de temps écoulé

Enrouée avant de retrouver

La tonalité d'un chant

 

Incongru à l'air du temps  fredonnez

Tralala ... ce requiem et même dansez

Embrassez qui vous voudrez ...

 

Je lèguerai mon toit aux hirondelles

Ma langue aux chats

Au bouleau et au sapin les clés du jardin

 

 

 

 

Je n'esquiverai rien même

Si ma parole bornée dans sa précarité

Ne peut atteindre l'immensité

 

Cadeau reçu avec le monde

Avant de nous changer en poussière

A-t-il un sens nous cherchons depuis si longtemps

 

Après stylet plume et carnets

Nos mots s'entêtent frappés

Sur Mac ou PC

 

Ne jouez plus concours Lépine

Sans raison ni rimes acrobaties comme si

Devant nous l'éternité à genoux

 

Ne jouons plus au gribouillis gribouillons

Pour fuir l'unique question

Auquels seuls échappent nos premiers gazouillements

 

 

 

 

Poète immobile

Sans pose ni posture

Face au jardin son confident

 

Joue à joue

Contre l'écorce du bouleau

Son jumeau

 

Un filet de vent s'évade

A la cime

Nomade insouciant

 

S'élève une voix nue

Dépossédée de tout

Jamais entendue

 

Reverrai-je le jaillissement des saisons

Et brin d'herbe au printemps

Retrouverai-je mon jardin

 

 

 

                       peinture de Monique Marta

 

 

 

Frères humains et bêtes nos sœurs

Il faut épouser dans la douleur

Votre muette dignité

 

Moments où l'on ne voit qu'obscurité

Sauf le jardin dans la clarté

De ses roses fanées

 

Cheminement poursuivi

Où chacun chacune depuis la nuit des temps

Apporte un bris de répons

 

Il faudrait retrouver le village

La foi de l'enfance croire aux miracles

Mais nulle illumination appuyée à un pilier

Sinon l'effroi d'un corps promis à ce putride résidu

 

Que du grand sapin où elles nichent

Les tourterelles après avoir picoré  graines

Et brin d'herbe emportent invisible dans  leur vol

Si au jardin âme vive entre leurs ailes

 

 

                  peinture de Monique Marta

 

 

 

Publié par la revue de poésie  arpa  - N° 115 - 116

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Tag(s) : #Poésie

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