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Ne me réveille pas
Je rêve
De toi

Chevauchant des falaises
Aux rires d'écume
J’attends
Le retour de l’horizon
Avec la vague
La barque renversée
Du pêcheur de larmes

Ne me parle pas
Ne bouge pas
J’écoute
Le vent dans tes artères
Les regrets à ta veine
Le secret
De tes amours de manche
Et je meurs
Nue
Blanche
Comme à la naissance

Ne prends pas
La réalité
Pour mon désir
Les allers-retours
Cage ouverte
Maison fermée
Les bals masqués
Dans tes tours en ruines
Les fous-rires
A tes trousses
Essuie ton cœur
Avant d’entrer
Et pleure
Enfant du crocodile
Mange à mon corps
A la lueur des fantômes

Viens te coucher
Enfin

Ne me réveille pas
Je rêve
De toi

 

 

                    ***

 

 

Ses yeux déshabillés
Respirent doucement et doucement
Enroulent le velours de la marée
Pourpre
La scène est nue

J’aimais pourtant m’envelopper dans ses paupières immobiles
Le rideau est tombé
Ses yeux déshabillés jaunes feuilles fanées
Luisent
Lui sait que le ressac ramènera les corps
Qui lui furent étrangers
Etrangères de passage
Etranges objets qui semblaient femmes
Et respiraient
Tremblaient de brûlure
Tremblaient de froid
La poitrine creusée
La bouche usée à l’âpreté du mur
Etoiles errantes
Et lui

Ces yeux déshabillés où je me vois
Marbre ancien d’une Vénus
Surgie des eaux usées
D’un paradis perdu jamais atteint
Demeuré en creux sur le sable où rien ne s’écrit
Vénus rongée de nudité et de mémoire
Qui me regarde les yeux blancs
Qui me parle par un puits de bouche
Qui me dit
Je suis toi

 

 

                     ***

 

 

Au-delà des yeux impuissants par lucidité
Des membres fantômes qui dénudent les nerfs
Des histoires griffonnées en secret dans des alcôves
Pareilles à des bibliothèques de livres interdits
Du désir d'autres fécondations impossibles tentations d'une autre
Histoire
Mémoire
Le chapelet des prières d'attente sous le halo des cierges d'eau
Larmes égrenées
Incantations d'un ciel jamais acquis
Que nécessité d'une autre vie rallume
A chaque extinction du soleil
Parce que sel et soif à la bouche
Parce que promesses n'ont pas été tenues
Parce qu'elles le doivent
Sous peine de mort
Parce qu'il faut porter le serment foulé défoulé foulé jusqu'à l'emprise la désemprise
Donner serment à la poussière
Comme on porte l'insurrection à la force de l'impossible
Comme on marche dans le vide
Et que pourtant l'on marche
Comme on pose les pierres de la maison
Sur une terre si vague qu'elle roule vertige
Qu'elle est le vent la rafale le tournoiement du souffle
Autour folie de son anéantissement
Tisser le fil à partir de l'étoile défaite

Suspendus à la seule foi que
Tu ne me tueras point

Qu'aucune parole ne dressera son flambeau
Si au-delà des yeux suturés puis déchirés
La mémoire n'est qu'un mot
Dissolu des sons de sable effondrement
Une langue amputée de ses caresses
Il n'y a pas d'ennemis de part et d'autre de la brèche
Mais des blessés
Des morts inutiles
Des corps abandonnés sous l'averse
Des voix privées de lumière
A tâtons apprennent l'obscurité des cœurs
Descendent les marches d'une connaissance indésirable

La boue recouvre la transparence des visages
Il importe
Au fond du cri étranglé dans nos ventres rouges
Il importe au seuil d'une guerre perdue
De se déclarer l'amour

 

 

 

Vous pouvez,  pour continuer à lire Anna Maria Caroline Celli, la rejoindre sur sa page F.B.

Tag(s) : #Poésie

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