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Mort où tant de vie s'égare

de nos faibles yeux abandonnée.

Torrent tu nous étonnes

étincellant et boueux

de bouche en bouche

le doux et l'amer

cailloux et bois

achevés repris.

Ces photos floues

que le temps a bougées.

La lumière se cherche sur nos mains

et soudain tout est plume

neige neige -

 

 

 

Le même vent traîné dans le feu

la même nuit avec la même texture de branches

d'un bonheur inavoué.

La même croissance dans les gestes

et l'effeuillement des mains sur la peau

trouées soudaines dans les formes

quand l'espace nous entend -

 

 

 

 

Nous avons vécu tout juste

le temps de ce poids

de tout ce qui sans plainte se déchire

ta vue hier soir

et ces tout petits ports des yeux

les paupières repeintes.

 

 

 

 

Depuis des ans nous n'avons plus commerce

qu'avec les pierres.

Nos pas s'allument aux craies aveugles

gisement étroit entre deux points d'eau.

Ma vie brûlée de tant de lumières

parfois une immense tendresse j'oublie

que tout est sourd

et me lève comme une mélodie.

 

 

 

 

Je dis maintenant que tout est lisse et consterné

je dis par les monts chauves de la mémoire

dans les plis d'un grand rideau d'écumes

quand s'ouvrent les fenêtres de mer

que s'ajuste le ciel face à l'ombre

et lisibles les rames du passant -

 

Jusqu'où m'étendrai-je à te veiller ?

Tu m'apprends à marcher quand la route se tait -

N'oublie pas ce blanc du bois des fenêtres le soir.

 

 

 

in "Sol absolu"

nrf / Poésie / Gallimard, 1982

 

 

Tag(s) : #Poésie

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