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à Denise Moran, i.m.

 

I

 

En ces temps primesautiers, j'épelais le ciel

O pour la surface (vase d'argile, soleil et lune)

I pour souligner son trait son appartenance

U son arme son armure - derviche danseur

dont les deux bras rappellent le N de la naissance

et le M du mourir. La gravité rattrape mon alphabet.

 

J'expose mon cœur à un champ orphelin.

Le bleu des sentiments vire aussitôt au blues

Et j'entends l'ancêtre gueuler un  De Profundis

À l'heure où le ciel entre dans sa bergerie: Sa couleur

Est d'eau infinie. Elle répond au mirage qui berne

Mes yeux. Les nuages les en récompensent

 

Je chante pour guider ma petite existence

C'est le grand art. Tu me guides d'une main

Affectueuse, et les nuages, au-dessus

De ma tête, se piquent d'humour. Il en faut

Pour attendre les mamans parties là-haut

Quand la route rejoint l'espace

 

Cette terre mienne est ma réserve de larmes

Une flaque d'eau reflète la banquise céleste

Je lui dédie la fraîcheur où l'herbe

Déploie ses épis semblables

Au feu du soir richesse rieuse

 

L'amour est mon vin, qui songe en la forêt

de belle âme, cette chambre où j'ai aimé en vain

où les refrains se récrient

sur un ciel sans cesse refait à neuf

Je pleure une mère abandonnée

 

J'épelle encore les syllabes célestes

O pour la surface (sa nuit dormante)

I pour les vœux sans couleur

V pour vivre et vouloir qu'on me laisse

Aimer le ciel enfin serein

I pour y afficher un cerf-volant

 

 

(à suivre...)

Procurez-vous ce magnifique livre de poèmes de Nimrod

qui vient de sortir aux Éditions Bruno Doucey ;  mars 2016 15 euros

 

 Sur les berges du Chari

dictrit nord de la beauté

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Poésie

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