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poèmes inédits de Richard en avant première !

 

 

 

 

 

Tu parles d’un retour aux sources. D’un retour à ta source. Pas d’un repli sur soi mais d’un repli en soi. Souviens-toi de tes rêves d’enfant, de ces gestes singuliers un matin devant le portail de ton école communale, tout encapuchonné, tes pas dans les premières neiges. Plein d’espoir à ta fenêtre, les volets grands ouverts.

 

Une rangée d’arbres là-bas au loin

Passe, oiseau passe

Voit ce que je ne sais voir

 

 

 

 

*

 

 

 

Que reste t-il de toutes ces nuits d’insouciance, ces rais de lumière se jouant de leur ombre. Cyclope qui ne dormait que d’un d’œil complice. L’univers te paraissait encore si humain pour ne pas être un monstre.

 

Parfois

Tu arracherais les fleurs

Pour mieux les éparpiller

 

 

 

 

 

*

 

 

 

Je ne vois que ce qui n’y est pas. Cela ne devrait pas être. Mais qui peut me dire quand cela sera, si ce qui est ne sera déjà plus ce qui devrait être. Tu nous emmerdes Richard ! Tu te compliques trop ta petite tête névrosée et la nôtre a bien d’autres choses à penser. J’observe le temps qui passe. Je ferme les yeux et Je, est déjà un autre. La réalité est-elle si réelle pour qu’on ne puisse l’interroger ?

 

Tu cherches en vain des réponses sans question. Arrache-toi de ces bâillements inutiles. Allume toutes les lumières quand la nuit tombe et tu verras la vie se métamorphoser.

 

 

 

*

 

 

 

 

Que savez-vous de ces chemins abstraits, de cette énigme  où clignotent des étoiles à l’infini. Le matin, fenêtres grandes ouvertes, je m’égare, étranger à ce que je vois ou ne vois plus. J’allume ma pipe de Cogolin, me renverse sur ma chaise et me libère de toutes ces pensées qui me poursuivent comme des histoires sans parole.

 

Tout voyage ne vaut pas retour

Comme l’eau qui s’en va sous le vieux pont de bois

Je m’en vais vers le soleil couchant

Là où le vent jamais ne s’apaise.

 

 

 

*

 

 

 

Qu’une voie lactée m’ouvre le chemin. Ce rêve de la nuit où brille une petite lumière. Vastes champs de solitude au carrefour de mes pages. Je cherche l’essentiel, peu importe le mystère. L’ombre d’un poème universel oublié entre les maux. Immenses trous noirs qui m’absorbent dans un dernier murmure avant l’obscurité.

 

Au cœur de la nuit

Quand les cloches oscillent

Entre vie et trépas

 

 

 

*

 

 

 

 

Ils s’entraident, rampent avec peine. Comment pourrais-je plus longtemps fermer les yeux sur ces regards dont je n’ignore plus rien de leurs souffrances et leurs douleurs.

 

Je n’ai plus de racine

Comme cet arbre abattu

Je suis déraciné de ma terre mère

 

 

 

*

 

 

 

J’entends leurs cris et leurs sanglots. Dans le village on se lamente sur son propre sort.   Ils arrivent ! L’aubergiste veut bien ouvrir son étable à  cette famille qui attend un enfant. On ignore tout de ce chemin funeste, de cette ombre épaisse de la peur qui nous tenaille le cœur.

 

Tout à coup

Il fait de plus en plus froid

Près de ce corps oublié en pleine lumière

 

 

 

 

*

 

 

 

 

Il serait surprenant que l’univers se soit matérialisé par hasard. Mais peu importe ! Ou alors, c’est la seule question que l’on devrait peut-être se poser. Dieu ou pas, je ne sais pas, je n’y  pense pas. Il est évident que le cosmos porte la marque d’un destin intelligent. Il n’y a pas de hasard dans ce gigantesque désordre des choses. Partout dans le monde, c’est au nom de ce questionnement, que les êtres humains s'entretuent et persistent d’imposer une imposture vision révélée.

 

On me reconnut

Pour celui que je n’étais pas

Et je n’ai pas démenti

 

 

 

 

*

 

 

 

Panthères et tigres rugissent tout le long du chemin. Vérité, mensonge et certitude, la réalité n’a pas besoin de nous pour exister. Aucune force suprême ne demande autant de sacrifices et de soumissions. La beauté de la terre est remarquable et seuls les milliards de galaxies, de soleils et d’étoiles que l’on peut observer à des années lumière devraient atteindre le cœur de nos âmes et nous réjouir.

 

Peut-être vaut-il mieux

Vivre sans rien savoir

Et mourir sans comprendre

 

 

 

 

*

 

 

 

L’origine de l’humanité, c’est l’origine d’une entité globale et unique. Hors du temps, hors de tout espace, dans le silence de ce point infime de lumière où tout a commencé et où tout finira. On est malade d’un Dieu sans forme et inaccessible que nous vénérons comme de petits soldats de plomb figés dans des cerveaux bien trop étroits pour une si grande cause.

 

Je veux par-delà le ciel

Quelle que soit la brise

Tourbillonner à mon gré

 

 

 

*

 

 

La croyance, le sacré, la prière sont de l’ordre de l’intime, à chacun d’y trouver une réponse. L’originalité de la vie n’est pas un gage d’immortalité. Tranquille turbulence que cette sensation d’être ou pas.

 

Ce soir la lune,

Depuis ma fenêtre

Commence à être réelle.

 

 

 

*

 

 

 

Il nous faudra bien retrouver le chemin. Nous nous sommes égarés tant de fois dans de sinistres marécages. « La boule devient maboule ». Les vents contraires nous y ont contraint, souvent, mais nous avons rendu armes et bagages sans mot dire. Nous les enfants de la nuit yankee, les « Love in » d’un monde meilleur, vous êtes si loin de moi. Entendez-vous ce lourd silence qui dévore nos plaines, hier encore si fertiles d’espoir, de candeur et de blé en herbe.

 

A l’aube

Seul je m’en vais

Par les chemins de cocagne

Comme un vieux charbonnier

 

 

 

*

 

 

 

Je veille, comme un vieux loup solitaire au pied de ce miroir sans fond qui me nargue sans vergogne. Dire simplement ces choses si complexes qui nous séparent peu à peu les uns des autres. Ne serions-nous que de funestes girouettes, voués et dévoués aux palabres d’un violon désarticulé ?

 

« Il faut tuer l’art moderne qu’ils disent, même si pour cela il faudra se tuer soi-même ».

 

 

 

*

 

 

 

Demain, lèverez-vous le bras droit en signe de ralliement, avant de vous courber, front contre terre et les regarder parader les yeux fermés. Ces petits clowns de pacotille, le nombril bien à l’air et leurs bottes bien cirées. Immense écho, dans l’antichambre des nuits sombres d’un repli sur soi.

 

Ils reviendront hanter ces lieux

Et la même peur m’envahira

Comme une pluie rageuse et un vent fou

 

 

 

 

*

 

 

Sur la plus haute branche l’oiseau se pose. Chante mon bel oiseau chante ! Moi, j’écris, je suis en train d’écrire. Un chemin se dessine, ronces et liserons s’y croisent. Je songe à travers ma lucarne, à ceux que j’aime et observe l’horizon, les quatre océans. Là où la lumière tangue et fait la nique à chaque ronde, à la lune paresseuse et au soleil fougueux.

 

C’est le vent qui passe

Passera encore

 

 

 

Richard Taillefer : Va où le vent t'emporte !
Tag(s) : #Poésie

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