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   Si le fleuve est l'image du temps qui s'écoule sans retour, la pensée chinoise perçoit que l'eau du fleuve, tout en coulant, s'évapore, monte dans le ciel pour devenir nuage, retombe en pluie pour réalimenter le fleuve à la source. Ce mouvement circulaire mû par le Vide médian est bien celui du renouvellement.

  

   Transposés  sur le plan qui nous occupe, celui des modes d'être de la beauté, les trois points ci-dessus trouvent leurs correspondants respectifs dans les trois points suivants :

   - La beauté est toujours un advenir, un avènement, pour ne pas dire une épiphanie, et plus concrètement un "apparaître-là".

   - La beauté implique un entrecroisement, une interaction, une rencontre entre les éléments qui constituent une beauté, entre cette beauté présente et le regard qui la capte.  /

   - De cette rencontre, si elle est en profondeur, naît quelque chose d'autre, une révélation, une transfiguration, tel un tableau de Cézanne né de la rencontre du peintre avec la Sainte Victoire.

 

   Tout le monde n'est pas artiste, mais chacun peut avoir son propre être transformé, transfiguré par la rencontre avec la beauté, tant il est vrai que la beauté suscite la beauté, augmente la beauté, élève la beauté. Le fonctionnement de la beauté est ternaire, lui aussi.

 

(...)

 

   De tout temps, en Chine, poètes et peintres sont avec la nature dans cette relation de connivence et de révélation mutuelle. La beauté du monde est un appel, au sens le plus concret du mot, et l'homme, cet être de langage, y répond de toute son âme. Tout se passe comme si l'univers, se pensant, attendait l'homme pour être dit.

 

 

Cinq méditations sur la beauté / Quatrième méditation (extraits)

Editions Albin Michel 2015

 

Tag(s) : #spiritualité

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