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lèpre    chambres exigües

étouffantes    surencombrées

 

au fond des yeux

l'habituelle souffrance

 

ton regard la perçoit

l'accueille    voudrait

s'avoir l'apaiser

 

inutile profusion

marchander à seule fin

de pouvoir échanger

quelques mots

faire s'assoupir

le mal-être

 

 

 

 

comme un monceau de cadavres

entassés au pied d'un mirador

dans l'angle d'un camp d'épouvante

 

tiges et plaques de fer

enchevêtrées

corps emmêlés

qui n'étaient déjà plus

que squelettes

et qui devenus pierre

ne pouvant se décomposer

resteront là à jamais

 

hurlant dans la nuit

dénonçant le crime

portant une accusation

qui devrait nous laisser

anéantis

 

et l'autre monde

 

fuite    vitesse    griserie

 

parce qu'ils ne supportent pas

de savoir que jamais

ne s'assoupit la menace

 

 

 

 

 

le rouge scintillement

de la fête

un ailleur qui ferait

oublier les laideurs

les blessures    l'étouffement

 

et toujours cette fascination

de la femme

ce besoin inextinguible

de son visage    son corps

son âme

 

pour ce qu'ils recèlent

délivrent    rayonnent

 

 

 

 

tes yeux blessés

 

inachevée    inassouvie

et tu ne saurais

t'y résigner

 

large    ouverte

au fond

de cet abîme

où tu as tenu

à descendre

 

où il n'est rien

que tu ne puisses

recevoir

 

rien

que tu ne puisses

donner

 

 

 

 

 

ce gouffre

dans tes yeux

 

mais tes lèvres

et leur avidité

 

jusqu'à cette zone

ténébreuse

où la vie

                  d'être menacée

se charge soudain

d'une tension

qui fait haleter

ma soif

 

 

 

 

durant des heures

seul à une terrasse vide

 

aveugle à ce qui m'entoure

pour mieux savourer l'attente

 

indicible bonheur du vol

quand vous tenaille

un âpre besoin d'espace

de liberté    de lumière

 

 

 

 

corps lourd    drap moite

 

sur le mur écaillé

les stries de la lumière

voilées par l'ombre

des palmes

 

glu du demi-sommeil

fantasmes    égarement

puis ce bouillonnement

de couleurs pourpres

 

quelques notes furtives

ailées

la sensation de tout quitter

d'entrer dans la vraie vie

et c'est l'envol

 

 

 

 

à suivre....

 

éditions P.O.L  ; décembre 1997.

 

 

 

Tag(s) : #Poésie

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