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si dérisoire

ce qui m'est donné

au regard

de ce qu'escomptait

ma soif

 

apaise-moi

 

aide-moi

à jouir de cette heure

de la calme lumière

de ce jour de printemps

 

autour de moi

abeilles et oiseaux

bourdonnent

et chantent

la vie se hâte

 

quoi que j'écrive

c'est l'échec

 

 

 

toi l'intacte

qui a fermé ta porte à la vie

par peur des larmes   des cicatrices

des nausées et des embrasements

 

toi qui a refusé

ta terre à la charrue

 

intacte et lisse

vérrouillée

 

qui n'a jamais connu

la brise   la cinglante lumière

d'avril   qui n'a jamais été

tavelée par l'automne

 

qui t'occupes à toujours

plus affadir une existence

déjà pourtant ô combien amortie

 

toi la non-née   la refusée

 

peut-être la mort

te refusera   t'enchaînera

à jamais à cette vie

acagnardée exsangue

 

intacte

 

 

 

 

la misère   la détresse

 

le rêve seul

qui permet de survivre

 

loin  loin    là-bas

ces ports fabuleux

ces femmes en attente

cette vie qui ne sera

sans fin

qu'abondance

et ivresse

 

on se lève

on arrache les chaînes

on s'extirpe du trou

 

mais le départ avorte

 

la torpeur ronge les yeux

les poutres aux lourdes tonnes de fer

ont muré l'horizon

 

 

 

 

dévalent les eaux

abondantes

écumeuses

 

et cette force de vie

qu'affirment

ces deux peupliers

dressés sur le ciel

 

toutes amarres rompues

partir    partir

 

cet éclat rouge

qui a fusé

 

là-bas

ces formes incertaines

 

 

 

 

premiers pas sur le sable

la brise   l'odeur de l'iode

ton désaroi face à l'immensité

 

puis ces longues journées

de lumière

 

après tant de rêves

d'attentes    de désirs

puisse la réalité

n'être pas trop

décevante

 

ce noir regard

qui me fixait

 

s'est effacé

l'écran qu'avait

élevé ma peur

 

j'ai souri

 

 

 

 

le jour se levait

elle dormait encore

et je la désirais

 

mais il me fallait partir

et d'invisibles regards

étaient là avec nous

dans la chambre

 

peur sur la ville

et aussi dans les têtes

dans les cœurs

 

depuis le fond des temps

 

 

 

 

 

à suivre....

 

éditions P.O.L  ; décembre 1997.

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Poésie

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