Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pour cette explosion d'images, pour cette petite tombe de rien aux Batignolles, à l'ombre de l'or du temps, j'offre ce poème de Benjamin Péret et invite mon ami François Goblet à poursuivre la route des poètes... Hervé Leroy

 

 

 

Allo
Mon avion en flammes mon château inondé de vin du Rhin
mon ghetto d'iris noirs mon oreille de cristal
mon rocher dévalant la falaise pour écraser le garde-champêtre
mon escargot d'opale mon moustique d'air
mon édredon de paradisiers ma chevelure d'écume noire
mon tombeau éclaté ma pluie de sauterelles rouges
mon île volante mon raisin de turquoise
ma collision d'autos folles et prudentes ma plate-bande sauvage
mon pistil de pissenlit projeté dans mon oeil
mon oignon de tulipe dans le cerveau
ma gazelle égarée dans un cinéma des boulevards
ma cassette de soleil mon fruit de volcan
mon rire d'étang caché où vont se noyer les prophèthes distraits
mon inondation de cassis mon papillon de morille
ma cascade bleue comme une lame de fond qui fait le printemps
mon revolver de corail dont la bouche m'attire comme l'oeil d'un puits
scintillant
glacé comme le miroir où tu contemples la fuite des oiseaux mouches de ton regard
perdu dans une exposition de blanc encadrée de momies
je t'aime



Benjamin Péret

Je Sublime (1936) -- envoyé par Hervé Leroy (herve.leroy59@yahoo.fr)

Tag(s) : #Poésie

Partager cet article

Repost 0