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            L'AMOUR SIMPLE

 

Je suis l'enfant d'un bonheur simple

Je ne suis que talus de simples

Je suis ce lent bonheur tout neuf

D'aimer les âmes et Rutebeuf

 

Le Royaume des passereaux

Le dit bien simple du sureau

Des arbres où la bruine estampille

Le haut silence des jonquilles.

 

Je suis cette âme toute simple

Qui sait encor un regard simple

L'amour des arbres et les grillons

La gloire ardente des Villons.

 

Lié dans la gerbe des jours

Verbe du temps et de l'amour

Silence reclus des versets

J'ai revêtu l'habit d'été

 

Afin d'aller l'âme sans âge

Coudre le sarraut des nuages.

 

                                                                                                 La Lumière du temps.

 

 

      À SAINTE-ANNE D'AURAY

 

Ils viennent

Bonne Sainte-Anne

Par la lande et ses genêts

Ils viennent

De Grand-Champ et du Bocenno

Des enclos et de leurs jubés

Claudiquant

Des locs et des ménés  (en breton : des ermitages et des montagnes)

L'âme juste à la cadence des mots

Sur la terre des bouleaux.

 

Ils viennent

De Saint-Herbot de Rédéné

Leurs blancs moutiers

Loques encrassées

Des pluies de leurs chemins

Habillés de ronces

Sentinelle des rus où s'enfonce

Le songe des feuillus.

 

Au ras du vent

Bonne Sainte-Anne

Quand les temps se déprennent

Ils viennent

Poètes boiteux

Leurs mots mal usés

Expulsant l'esprit mauvais

Des paroisses et des jubés

 

Ils entonnent le Miserere.

 

                                                           Un brin d'invisible.

 

 

       LE CHANT DU PASSEREAU

 

Prés du ruisseau

Un passereau

S'éprend du lit clos

Des herbes blondes

 

Ses yeux    des étoiles

De jeunes pousses

Transparaissent d'un ciel

Où bourgeonnent les sources

Traversant les âges

 

Genêts en fleur

Ses yeux allumés

Son chant inépuisable

Coule un long secret

 

Près du ruisseau

Un passereau

Émerveille le silence

 

Et la terre dénudée

Toute à l'accordée

S'abandonne

 

 

    L'ÉCRIN DU SOUVENIR

 

C'est un val démuni

Un chemin de brume et d'oubli

Une lande alentour

Un sarrau de fougères

Des sentes insignifiantes

 

Tout est si petit dans ce trou

Où coulent des sarments de boue

Sous les pas de la mousse

 

On sent bruire la bruine

Ses mots transis murmurent

Partout sur les épines

Les choses de la terre

 

La grive a resurgi

Dans les yeux endormis du val

Ô val du souvenir

Quand les arbres palpitent

Une âme passe au bras de l'aube.

 

                                                    Un brin d'invisible.

 

L'île son regard noir

Se tasse au fond de grève

 

Des murs drossés au vent

Où l'océan hulule

 

Les lambeaux de la roche

Dans le creux de ses houles

 

Au bas de la nuée

L'île sous la douleur.

 

 

      JEUNESSE ÉTERNELLE

 

De clairs matins à la volée

Répandent sur l'aire la balle

Dans un halo rempli d'oiseaux

 

Je sens à travers le carreau

Le bel écrin de chèvrefeuille

J'entends le songe du moineau

 

Mon souvenir est aussi sente

De chênes verts et de champs d'orge

Vers les étoiles du lit clos

 

Où s'accoutument des nuages

Dans l'ombre d'un haut vaisselier

S'affaire une voix maternelle

 

Le temps ne finit pas de vivre

Il se détourne et se dévoile

En transparence du poème

 

                                                Dans l'ombre d'un éclat d'éternité.

 

            

   LA DEMEURE DES MOTS

 

                                                I.M. André Henry.

 

 

Ce que fut sa demeure

Et son horizon de fuchsias

Encor là comme un zeste d'étoile

 

La demeure

Où le battement lent de son cœur

Épouse la souffrance

Et l'absence

 

Aujourd'hui

Murmure clair-obscur

La poussière des rayons engrange

Les versets d'un visage ébloui

 

Et même une voix d'ange

Se glisse dans les mots

Un visible silence d'amour

Se répand

Auréole

De la lueur d'étoile

 

Je pressens

La fraicheur inouïe du jasmin

Parfum de l'infini

Le ciel au fond de l'ombre

Naissant dans la demeure des mots

 

                                             Dans l'ombre d'un éclat d'éternité.

 

 

Tag(s) : #Poésie

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