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Daniel M. Thibaut : passages sur la terre

 

 

 

 

 

 

Blanche, avant de poser la tête dans le nœud coulant des images et d'atteindre par le jeu des contraires, à la perfection de soi : ne plus être dans le champ d'un miroir que le profil d'un arbre, que l'eau portée à la rigueur des hommes, sache que le blanc qui t'habite contient toutes les couleurs et que le sang aveugle n'est qu'un fauteur d'ombre.

 

 

 

J'avais beaucoup marché.

Ma première vie s'achevait.

Je m'apprêtais à m'endormir à

l'horizon des hommes quand

Blanche vint à ma rencontre.

Ce fut la lumière

au bout du chemin.

 

 

 

 

                                            TRAITÉ  D'ARPENTAGE

 

 

Que le poème soit lieu dit, état de haute flagrance. La fixité du temps. Source aveugle où les mots viennent boire. Que la vérité y soit tenue au frais comme un breuvage entre les hanches moites d'une amphore, se répande en clartés au seuil même des maisons. La soif connaîtra ses raisons. Et les hommes retirés des ténèbres mûriront dans la constellation des chiens. Car le poème sera domestique. Présure vouée à la crispation des roses.

 

 

 

 

Ainsi le poème aura-t-il

le mouvement des fleuves,

                            des routes,

de tout ce qui chemine

et porte son futur.

 

Sans jamais forcer le barrage des mots.

Livrant toujours passage.

 

Dans le silence des fruits.

 

La vérité jaillira confondue

dans sa force.

 

 

 

Je te veux, Blanche,

en situation de beauté naturelle,

dans le passage des arbres,

dans le passage des couleurs.

 

Tu iras à la rencontre des pierres

pour que les pierres, un jour,

viennent à toi, se reconnaissent

dans tes yeux,

tes mains.

 

Et tu seras au monde

forte de la sagesse de l'horloge

dont ton visage se veut

la réplique muette.

 

 

 

***

 

 

 

 

 

J'ai bien connu Daniel M. Thibaut. Il est décédé il y a une dizaine d'année d'un cancer, après beaucoup de souffrances et une lutte acharnée. Je sais qu'il regarde depuis là-haut tous ceux qui s'intéressent à la poésie, car s'était un passionné de cet art. Par ces quelques poèmes que je publie ici, je réponds à un indicible message  qui me dit : "Ne m'oubliez pas ! "

 

Ces poèmes sont extraits d'un très beau recueil, achevé d'imprimer le 21 février 1984 sur les presses de l'atelier Folle Avoine à Romillé, tiré à 600 exemplaires sur Vélin des papeteries de Lana et 20 exemplaires numérotés sur pur fil Johannot.

 

                                                            André Campos Rodriguez 

 

 

 

Tag(s) : #Poésie

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