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5)

 

La nuit,

Pêcheur d'étoiles au crible de mes doigts,

Le feu,

Peigne espagnol, oiseau tremblant.

C'est l'automne, déjà.

Le creux du sang se referme sur l'air.

Le jours regagnent le désert

Sur les pistes de la parole.

Un miroir qui mourut de faim,

Les ombres folles,

Ne me regarde pas.

Un homme s'est perdu.

Ma main n'atteind personne.

J'entends ton pas.

Les voix geignent.

Minuit sonne,

Qui que tu sois.

 

 

 

6)

 

Demeuré

Devant la croisée bleue où file la distance,

L'écheveau emmêlé des matins de départ.

 

Parti

Aux quatre coins de l'absence et du monde

Où la guerre et l'amour allument l'incendie.

 

Debout

Devant la cave froide du silence.

 

Rends-moi la vague que tu pris dans mes yeux,

La prairie où paissait le troupeau des nuages,

Les statues du printemps, les arbres

Et leurs feuillages où les mains arrêtaient le vent mélodieux.

Il pleut ta voix au creu de ma mémoire.

Il pleut du feu au travers de la nuit.

Brûle le temps sur mon visage.

Pose ta main, l'oiseau des gestes, dans la mienne

Et l'engrenage de la vie nous reprendra.

La courroie du chemin m'entraîne vers moi-même.

Dans la machinerie sanglante de l'aurore

Je vais réconcilié au devant de ma mort.

 

Jean Malrieu : AIMER LA VIE (3)
Tag(s) : #Poésie

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