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Parce que j’aime la poésie, pas toujours les poètes, mais toutes les poésies.
 

Parce que je suis tombé dans la poésie tout petit et que je n’ai su grandir qu’avec elle.
 

Parce que après avoir découvert Prévert je me suis dit qu’on ne pouvait laisser la poésie à ceux qui voulaient en faire un objet d’études et de glose perpétuelles.
 

Parce que la vie me faisait tellement chier qu’il fallait y mettre un bouquet de plaisirs;
 

Parce que j’ai rencontré un éditeur qui buvait et fabriquait du pinard et avait dans ses bras toutes les poétesses de la place.
 

Parce que je me suis fait viré de la première revue que j’ai voulu faire avec des poètes.
 

Parce que la solitude me va bien au teint.
 

Parce que une bonne partie des éditeurs que j’ai sollicités ont refusé ma prose trop simple et mes idées de partition.
 

Parce que ça me permettait enfin de vivre dans ce monde des lettres sans vertu aux têtes surdimensionnées
 

Parce que certains m’ont dit en catimini que j’étais poète et que je ne les ai pas crus.
 

Parce que un soldeur vend 700 euros les 28 numéros de la revue que je n’arrivais pas bien à vendre à l’époque 78/80
 

Parce que je crois en l’homme, ce fumier, cette ordure, malgré toutes les vilaines choses qu’il brasse en dehors des clous
 

Parce que tant de gens dénigrent la poésie sans vouloir la connaître
 

Parce qu’elle ne sert à rien et que dans ce rien je mets tout l’or du monde
 

Parce que Desnos, et la gamelle de soupe dans la gueule du sergent allemand au camp de Térésine.
 

Parce que l’honneur des poètes quand ils en avaient encore un
 

Parce que bon nombre sont passés à côté
 

Parce que la soif des caricatures à la gorge déployée
 

Parce que le refus des libraires en déshérence réduits à la portion congrue qui n’ont jamais mangé dans la jatte des revues
 

Parce que la blessure originelle de celui qui écrit quand il se dit poète sans aucune religion
 

Parce que les comptes d’auteur qui pressurent les poètes en leur piquant le peu de sou que leur rapportent les aumônes
 

Parce que personne ne sait me donner une définition de la poésie tant elle est diverses dans les traitements de textes du siècle en devenir
 

Parce que j’avais envie de dire les planches à clou du prurit d’écrire quand je jette ma gourme sur les marchés de l’art et du sombre cochon.

 

 

Tag(s) : #Humeurs

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