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André Campos Rodriguez : CONFIANCE DU JOUR

 

à Etty Hillesum

(mon amie dans l'éternité

du ciel...)

 

 

 

1.

 

 

Dès les premières lueurs

débute

claire et cristalline

la quête d'une douceur

 

Je lui ouvre mes jardins

mes paradis d'enfance

 

La lumière s'élève

le ruisseau chante

 

poème

où de nouveau coule

la racine de l'instant

 

l'invisible présence

 

 

 

 

2.

 

Je ne rêve que de poèmes

qui expriment

la bouillonnante effusion

de la vie

 

Cette ambition

coupe trop souvent

les ailes de mon souffle

 

 

 

 

 

 

3.

 

 

Plaise au souffle

de s'évader

à la source

d'émerger

à la paix de trouver

en nous

un lieu où reposer

 

 

 

 

 

 

 

 

4.

 

 

Dans la confiance du jour

on apprend

à cultiver le silence

 

Il ouvre en nous

un espace

qui réchauffe le cœur

 

Au plus vrai de son être

s'engendrer

en l'inattendu

 

naître à soi-même

dans la merveille du présent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5.

 

 

Rendre grâce surtout

pour cette patience

qui sans calcul s'est installée

puis s'écoule et apaise

le lit ancien des douleurs

 

 

 

 

6.

 

 

Il faut être dans l'offrande

ouvrir ses mains

 

passage

du souci de soi

au don de soi

 

se quitter soi-même

s'alléger

se dépouiller

 

s'élargir

 

 

 

 

 

7.

 

 

Longer les périphéries

les frontières

aller capter la lumière

au grand large du recueillement

 

séjourner au cœur

aimant

du silence habité

 

Béni soit Celui

qui se cache

en ouvrant les fenêtres

de sa chaude présence

 

 

 

 

8.

 

 

 

 

Vieil homme de glaise,

homme extérieur

qu'il faudrait affamer

pour laisser place nette

à celui qui doit naître

dans un torrent

un feu

intérieur et nouveau

 

 

 

 

9.

 

 

Oiseau de l'âme

déplie tes ailes

évade-toi dans l'azur

sois le témoin silencieux

 

ouvre la source du ciel

l'inédite lumière

de l'espace inspiré.

 

Accorde

le courant profond

l'ivresse printanière

 

poursuit ta croissance

dans le buisson ardent

des mots ouverts

 

 

 

10.

 

 

Ne vois-tu pas

que tu es une contrée nouvelle

une plaine dégagée de ses collines

un pays que travaille le blé et la vigne

 

où l'horizon est ouvert

où chante l'eau dans la lumière

 

fraîcheur de la joie qui s'abandonne

et nous soulève la poitrine

 

La vie ici bourdonne

dans son écrin céleste

 

 

 

 

11.

 

 

Guetter la nuit furtive

 

veiller sans cesse

épousé par cette poussée

où s'enlacent les hauts arbres

 

écouter les puissances cachées

qui préparent le jour

 

l'épaisseur de vie

où affleure le mystère

 

 

 

 

 

12.

 

 

Dans la trame solitaire des heures

accéder enfin

à une paix sans mémoire

 

oasis du présent

point d'orgue

 

où l'on échappe

à son passé

 

 

 

 

 

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André Campos Rodriguez : CONFIANCE DU JOUR
Tag(s) : #Poésie

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